dimanche 4 mai 2008

Secousse notable

Afin de me créer un peu l'illusion que la vie continue quand même, vendredi, je me suis forcé à me rendre au boulot.

Un p'tit pit de 9 ans en crise de larmes m'a confié:

" Je déteste ma vie, je voudrais me décéder."

Probablement la chose la plus triste que j'ai jamais entendu. Tremblement de peine. La secousse m'a aidé à relativiser sur ma propre souffrance.

Je suis de retour!

9 traces de pattes:

Chuck a dit…

C'est malheureusement aussi le genre de paroles que je sortais parfois à cet âge. Mais bon.... dans mon cas tout c'est replacé avec le temps.

Bon retour parmi nous :o)

Mia a dit…

Dans ton cas, même si jeune, est-ce que tu savais nommer ta peine?

Ce mal de vivre, c'était quelque chose qui t'apparaissait flou ou bien évident??

J'ai avisé sa maman car je crois qu'elle saura dealer avec la situation, elle semble avoir les compétences parentales pour passer au travers de cette épreuve, tout en aidant son garçon.

Le mal de vivre à un si jeune âge...ça me révolte presque. Il me semble que ce n'est pas dans l'ordre naturel des choses...à 9 ans, il devrait triper sur ses "lego" et sur ses fusils à l'eau...la mort ( L'emvie d'en finir)devrait être un principe trop obscur, non?

Qu'est-ce qui t'aura aidé à te sortir de ce désir??

Chuck a dit…

Dans mon cas, je savais ce qui n'allait pas. J'ai pensé au suicide pour la première fois en quatrième année du primaire.... Rendu là, c'est grave, hein ?

Mes problèmes a moi se passaient à l'école surtout... et je dois dire que malheureusement très peu de gens étaient au courant parce que j'arrivais a cacher assez bien comment je me sentais (ici je ne parle pas d'abus sexuel).

Mes 17 premières années ont été pas mal pénibles et, honnêtement, je ne sais pas comment je m'en suis sorti. J'aurais eu besoin d'aide (professionnelle), mais je refusais d'aller la chercher. Mes parents voyaient que j'étais pas super heureux, mais encore là, ils ne voyaient pas à quel point j'étais en détresse.

Jusqu'à 16 - 17 ans j'ai souvent envisagé d'en finir. C'est con mais rendu à l'adolescence la seule chose qui me retenait c'était la pensée que si je mourais ca voulait dire que j'admettais ma défaite, et cette idée ne m'enchantait pas tellement.

Dans le fond, pendant toutes ces années j'ai serré les dents en m'accrochant au rêve qu'un jour des choses allaient changer et c'est arrivé lorsque à 18 ans je suis arrivé à Québec et j'ai pu tout recommencer dans une ville où personne ne me connaissais (me semble que je sonne comme une toune de Joe Bocan, mais bon.... c'est quand même comme ça que ca s'est passé).

Tu as bien fait de prévenir sa mère, au petit bonhomme. J'aurais aimé que quelqu'un le fasse pour moi, mais j'étais trop refermé pour crier à l'aide.

Chuck a dit…

*En passant, maintenant je ne suis pas devenu un gars "fucké"; maintenant tout va bien dans ma tête (ne te fie pas a mon blog... héhé!) et je ne suis pas suicidaire pantoutte.

Maintenant j'aime la vie et je suis content d'avoir réussi a m'accrocher aussi longtemps.

Anonyme a dit…

Ouff.....:-S Pauvre petit...

Eh bien... après 4 tentatives, j'ai compris que la mort ne voulait pas de moi. Je vis donc, j'existe, mais la noirceur vit encore en moi, et je crois qu'elle y restera à jamais. J'ai juste appris à voir la lumière un peu....

Mia a dit…

Chuck; Merci de ce partage...C'est très difficile pour moi de comprendre, car je n'ai jamais vécu un seul moment de vraie déprime, mais j'ai espoir que mon p'tit pit s'en sorte aussi bien que toi :O)

Mia a dit…

P'tit moi; ohh..je trouve ton histoire épouvantablement triste. Je sais que la mélancolie est une manière de vivre pour certains, mais c'est tellement loin de moi que j'ai bien du mal à comprendre.

En tout cas, très contente que tu sois encore là!!

Anonyme a dit…

Mia, ma fille m'a fait part de ses envies de mourir au moins trois fois, toujours à la suite des énormes crises incontrolables qu'elle faisait où elle frappait et détruisait tout. Elle avait une telle haine en elle, une telle peine et une telle colère que son petit corps n'arrivait pas à le contenir.
C'est un ensemble de facteur qui nous a permis de voir le bout du tunnel, dont une psychologue pour enfants. Il ne faut pas hésiter à prendre les moyens nécessaires. Tu as bien fait d'en avertir la mère.
xxx
Circé

Mia a dit…

Circé; merci de prendre le temps de me raconter ( et de me rassurer) je dois dire que si la mère n'avait pas semblée avoir la capacité de recevoir ça, je ne lui en aurai probablement pas parler.

Pas évident de dire et de nommer ça à une maman. Heureusement, elle avait un suivi avec une psy pour son garçon qui fais des crises de colère immenses, qui surviennent quelques fois par année ( un trop plein qui se déverse dangereusement) Elle prendra les choses en main, fort heureusement pour mon p'tit pit - qui la chance d'être tombé sur une famille qui préfère l'aider que de fermer les yeux-

Bonne continuation de repos!
XXX